RETOUR D’ISLANDE. Pour le Centenaire de la naissance de Michel Butor (1926-2026)
- Editions d'art FMA

- 24 mars
- 2 min de lecture
À l’occasion du centenaire de la naissance de Michel Butor (1926–2026), les Éditions d’art FMA ont le bonheur d’annoncer la parution de l’édition originale Retour d’Islande, poème inédit de Michel Butor, en dialogue avec une oeuvre gravée et peinte de Bernard Alligand.


Le poème Retour d’Islande a été conçu en dialogue avec les oeuvres peintes et gravées de l’artiste Bernard Alligand.
LE « RETOUR », SUJET CENTRAL
Il ne s’agit pas de « Voyage en Islande », mais bien du Retour. L’oeuvre-livre explore ainsi le paradoxe de l’après-voyage : Comment rapporter une expérience ? Comment la fixer dans la mémoire, dans les mots et les images ? Comment le choc du voyage transforme-t-il le regard sur le pays d’origine ?
L’oeuvre-livre se construit sur cette tension entre « là-bas » (les images mentales de l’Islande) et « ici » (la table d’écriture et l’atelier de l’artiste), entre souvenir et présent.
Les éléments fondateurs sont : Le feu (volcans, géothermie), la glace (glaciers), la pierre (champs de lave), l’eau (mers, cascades). L’auteur et l’artiste traitent ces éléments non comme un décor, mais comme des forces primordiales.
Retour d’Islande interroge les strates du temps (géologique, historique, mythique) et la façon dont le voyageur y inscrit sa propre trace éphémère.
L’APPROCHE PLASTIQUE
Pensé comme une traversée, Retour d’Islande se déploie sous la forme d’un leporello de dix-sept volets, révélant une oeuvre gravée et peinte d’environ trois mètres de long. Réalisée sur papier chiffon Moulin du Gué 270 g, cette longue composition constitue le support matriciel du livre, à la fois surface d’inscription, territoire et paysage.
BERNARD ALLIGAND Y DÉVELOPPE UN VOCABULAIRE PLASTIQUE DIRECTEMENT ISSU DE SON EXPÉRIENCE DU SOL ISLANDAIS.
Par estampage à sec selon la technique du carborundum, la surface est travaillée en reliefs, creusée, structurée, comme une coupe géologique. Des jets de sables noirs, récoltés par l’artiste en Islande, viennent s’y fixer, conférant à la matière une densité minérale et une présence tactile. Des lavis d’encre noire, des rehauts d’acrylique blanche et l’introduction d’un rouge minéral — pigment durable utilisé traditionnellement sur les bâtis des maisons scandinaves, le rouge de Falun — scandent la composition.
L’ensemble est porté par un geste lyrique, ample et maîtrisé, où la peinture ne décrit pas le paysage mais l’incarne. La matière devient mémoire, dépositaire des forces telluriques, du vent, de la lave et de la lumière.
Dans ce dialogue silencieux avec le poème manuscrit de Michel Butor, l’oeuvre plastique ne se contente pas d’accompagner le texte : elle en prolonge l’intensité, dans une relation d’équilibre et de résonance.
Conception du livre en leporello, photographie de Michel Butor et Bernard Alligand à Geysir, Islande en mai 2014 marouflée sur l'ouverture du coffret entoilé © Éditions d'art FMA 2026
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